Le Paradis est là

Certains demanderaient peut-être le pardon après avoir consacré un numéro d’une revue littéraire à Ezra Pound. Pas Accattone. Ezra Pound est un auteur trop complexe pour le laisser aux mains de littérateurs germanopralinés, mais aussi aux imbéciles qui tentent d’en faire une AOC CasaPound. Ezra Pound ne saurait être ni la cible des uns, ni l’apanage des autres. Ezra Pound est nôtre, c’est-à-dire à tous les amoureux de la littérature et de la poésie, mais aussi à tous les antimodernes, les scrogneugneux, les errants, les rônins, etc. D’ailleurs, qui était finalement Ezra Pound, sinon un rônin ? Paria aux yeux de ses compatriotes, excentrique pour les fascistes, renié par les écrivains sensibles à l’entretien de leur petite respectabilité sous-littéraire, Ezra Pound subit encore au XXIe siècle le mot d’ordre aux vaincus : Vae Victis ! Peu importe son engagement fasciste ; c’est parce qu’Ezra Pound est un vaincu de l’Histoire, des Lettres, d’une certaine prétention à la pureté morale que nous l’aimons tant, comme Pasolini lorsqu’il sut voir au-delà de la mise à l’Index qui frappait l’auteur des Cantos. Nous passons un pacte avec Ezra Pound, contre le néo-monde, contre une modernité qui n’a rien à avoir avec celle dont le poète s’était fait le chantre, lui, qui était plus moderne que tous les modernes. Comme Ezra Pound, nous essayons de fixer les envols supérieurs de l’esprit.

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