À l’Immonde

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Accattone a la surprise d’apprendre dans les colonnes du Monde qu’elle est une revue réactionnaire, conservatrice (la preuve : Accattone est publiée en papier), et « anti-avortement » mais « sans aller jusqu’à critiquer ouvertement la démocratie » (quand même), et ce malgré qu’elle ait souligné rejeter ces qualificatifs, quoi que puisse en dire Jean-Yves Camus qui a vu l’occasion de porter une psychanalyse en bonne et due forme nous comparant sans coup férir à l’émergence de la Nouvelle Droite (comparaison dont on regretterait presque la demie mesure tant on sent l’enthousiasme de l’intéressé à distribuer les bons points de bien-pensance), le tout en tant que dirigeant de l’Observatoire des radicalités politiques dont, comme on le sait, Accattone mérite évidemment le diagnostic, dans la mesure où elle « brouille les pistes comme son maître italien ». Bref, nous apprécions le melting-pot d’Ariane Chemin qui, au lieu de suivre une méthodologie objective en séparant la ligne éditoriale de chaque revue, a préféré mélanger les positions de chacun dans ce vaste mélange invraisemblable. C’en est presque cocasse au moment où fleurissent à nouveau les « Je suis Charlie » au pays du « padamalgam ». Quitte à faire les choses en grand, on aurait presque voulu qu’une effigie de Julius Evola ou de Charles Maurras trône en tête de l’article, dont il manque d’ailleurs une référence à la révolution nationale qui aurait pourtant parachevé tout ce fantastique tableau journalistique.

Nous sommes d’ailleurs heureux que l’article rappelle (et se rappelle) tout de même que notre maître à penser est Pasolini, et à sa suite Gramsci, après qu’il nous aura appris qu’Accattone est une revue michéiste et maffesolienne, s’inscrivant dans la lignée de « Causeur » (sic) et de la Fondation du 2-Mars (re-sic), et ce malgré le soin pris à expliquer pour quelles raisons l’œuvre multiforme de Pasolini nous paraissait à même de porter une critique construite et hors des clivages contre l’idéologie du progrès entendu comme développement (mais visiblement, c’était moins séduisant que de nous attribuer des références fantaisistes et fantasmagoriques dont nous n’avons aucune connaissance).

Mais restons philosophes ; comme le disait Pasolini, « je sais qu’en tapant toujours sur le même clou, on peut faire s’écrouler une maison. » Et on serait presque ravi de recevoir, comme lui, le compliment du vice à la vertu.

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